Pour réduire notre empreinte environnementale, nous avons pour objectif de réduire de 50% nos émissions de CO2 par passager kilomètre d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif, nous axons nos actions sur la modernisation de la flotte, l’amélioration de l’efficacité opérationnelle, la promotion et l’utilisation de carburants alternatifs durables et la compensation des émissions.

L’investissement dans d’autres projets sur la connaissance et la conservation de la biodiversité contribue également à comprendre le dilemme associé aux services écosystémiques comme à la production des biocarburants durables. Si certains types de biocarburants destinés au transport routier peuvent avoir un impact négatif sur la biodiversité, le groupe Air France - KLM veut garantir l’utilisation de carburants aéronautiques durables qui ont l’impact le plus faible sur l’approvisionnement en nourriture, la biodiversité et un impact positif sur le développement local.

ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE

Nous reportons chaque année 100% des émissions de CO2 des scopes 1 et 2, ainsi que les émissions du scope 3 correspondant à la phase amont du kérosène (les mesures effectuées par le Groupe permettent d’estimer que ces émissions représentent environ la moitié du total des émissions du scope 3). Les émissions sont publiées sous forme d’indicateurs présentés dans les tableaux d’indicateurs environnementaux dans le Document d’Enregistrement Universel 2020 (section 4.3.5).

Emissions directes (scope 1)

La majeure partie des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Groupe relève de nos activités directes (scope 1) et principalement des opérations aériennes qui représentent 99,7% des émissions directes totales. Les émissions sol (hangars, équipements sol, banc d’essai moteurs, etc.) représentent 0,3% des émissions.

Emissions indirectes (scope 2)

Les activités au sol, telles que la maintenance des avions et le tertiaire, génèrent des émissions GES indirectes du scope 2, au travers de la consommation d’énergie des bâtiments (électricité et confort climatique). Le Groupe met en place de mesures permettant de réduite la consommation d’électricité.

Emissions dans la supply-chain (scope 3)

Les émissions GES indirectes du scope 3 proviennent principalement de la phase amont du kérosène des avions (extraction, production, distribution, etc.). Les autres postes scope 3 sont les achats de biens et services, les déplacements routiers des passagers pour venir et quitter les aéroports et les déplacements routiers domicile- travail des salariés.Nous étudions ces postes avec l’objectif d’en réduire les émissions.

RÉDUCTION DE LA CONSOMMATION DE CARBURANT

Toutes les mesures d’économie de carburant sont identifiées et mises en œuvre lorsque cela est possible, dans le strict respect des règles de Sécurité Des Vols. Toutes les compagnies d’Air France – KLM sont impliquées dans le Plan Carburant, pour améliorer l’efficacité énergétique et réduire l’empreinte carbone du Groupe.

Modernisation de la flotte

Le moyen le plus efficace de réduire l’empreinte carbone est d’investir dans une flotte plus économe en carburant. Le Groupe mise sur la simplification et la rationalisation pour rendre la flotte plus compétitive tandis que sa transformation se poursuit avec l’arrivée d’avions plus modernes et performants avec un impact environnemental significativement moindre. La crise de la Covid-19 a accéléré le retrait des avions les moins appropriés à la feuille de route environnementale ; les plus polluants, A340 et A380 pour Air France et Boeing 747 pour KLM. En 2020, l’âge moyen de la flotte du Groupe est 12,1 ans

Pour plus d’information sur la flotte du Groupe, voir le document d’enregistrement universel section 1.4.

Innovation radicale dans la propulsion et la conception des avions

Le Groupe mobilise le secteur et s’engage pour la recherche et le développement de solutions innovantes, tant dans le domaine de la conception et de la maintenance aéronautique et des moteurs ou des outils liés à la navigation.

En décembre 2019, Air France a annoncé la signature d’un partenariat avec la Fondation Solar Impulse pour identifier et accélérer la mise en œuvre de solutions économiquement et écologiquement viables dans le monde de l’aviation. Air France et la Fondation Solar Impulse ont lancé un appel à solutions propres, efficientes et rentables dans le but d’accélérer la transition écologique du secteur aérien.

La solution PROGNOS, mise en œuvre par Air France Industries KLM Engineering & Maintenance, a déjà reçu le Label Solar Impulse.

  • Ce programme d’analyse prédictive s’appuie sur la maîtrise des technologies big data pour offrir un service de maintenance aéronautique efficace et innovant.
  • Les avantages environnementaux de PROGNOS proviennent de la réduction des annulations de vol qui génèrent des vols supplémentaires pour récupérer les passagers, ainsi que de la réduction du nombre des procédures « Quick Return Flight » (retour de l’avion à son aéroport de départ) en raison d’une alerte technique, qui nécessite de vider les réservoirs de carburant avant l’atterrissage.
  • La solution optimise également la consommation globale de carburant des avions en contrôlant plus précisément l’état de l’équipement.

En 2019, TU Delft et KLM ont annoncé le début de la conception de l’avion Flying-V. Le Flying-V est un concept d’avion long‑courrier très économe en énergie. La forme aérodynamique améliorée et le poids alégé de l’avion réduiront la consommation de carburant de 20 % par rapport aux avions les plus avancés d’aujourd’hui. Après de nombreux essais en soufflerie et des essais au sol, le premier vol d’essai réussi avec une maquette du Flying-V a eu lieu en 2020.

 

Mesures opérationnelles

Nous identifions et mettons en place toutes les mesures d’économie de carburant possibles, dans le strict respect des règles de sécurité des vols. Dans chaque compagnie du Groupe, toutes les directions sont impliquées dans le Plan Carburant de façon à ce que le Groupe puisse améliorer son efficacité énergétique et réduire son empreinte carbone

En analysant la performance de vol, le Plan Carburant a pour objectif de réduire la consommation de carburant grâce à plusieurs projets, axés sur les politiques et standard carburant, la précision des plannings de vol, l’optimisation des routes et la réduction du poids à bord.

Même si 2020 a été une année exceptionnelle en raison de la pandémie de COVID-19, des mesures ont été mises en œuvre. Depuis 2012, plus de 270 000 tonnes de CO2 au total ont été évitées grâce aux mesures opérationnelles prises par les compagnies aériennes du Groupe.

Allègement du poids à bord des avions

Plus un avion est léger, moins il consomme de carburant. Toutes les directions d’Air France – KLM travaillent à la réduction du poids à bord. Il s’agit notamment de la réduction du poids des sièges, de l’équipement de service et des galleys, de produits tels que la documentation papier pour le Cargo et dans le cockpit, les magazines, ou encore l’emport d’eau potable. Quelques exemples :

  • Matériels embarqués : optimisation des plateaux repas et de la vaisselle, nouveaux trolleys. Par exemple, Air France a choisi de remplacer la vaisselle en porcelaine, utilisée en cabine Business et La Première sur tous les vols long-courriers et moyen-courriers, par une vaisselle en mélamine plus légère.
  • Emports d’eau potable : adaptation des prescriptions à la journée en fonction du type avion, du taux de remplissage et de la durée du vol. Deux fois par an, les nouvelles destinations sont analysées dans le but d’optimiser la quantité d’eau à bord. Le besoin est calculé sur la base d’une consommation moyenne par heure et par passager.

Optimisation des routes

L’efficacité énergétique peut être améliorée grâce à l’optimisation des routes, des plans de vol et des altitudes, ainsi qu’à la réduction du temps d’attente. Air France – KLM est fortement impliqué dans le programme SESAR, qui contribue aux objectifs du Ciel Unique Européen (SES – Single European Sky) pour une meilleure gestion du trafic aérien. SESAR vise à contribuer à l’objectif de réduction de CO2 de 10 % du SES en réduisant la consommation de carburant. En 2020, les efforts d’Air France et de KLM pour optimiser les routes et les frais de survol en Asie ont été les plus importants dans l’optimisation des itinéraires.

Optimisation des opérations en vol

Les pilotes appliquent chaque fois que cela est possible les procédures les plus efficaces sur le plan énergétique : précision des plans de vol, adaptation de la vitesse et optimisation des trajectoires, configurations d’atterrissage, et, au sol, roulage avec un moteur coupé.

De nouveaux outils performants fondés sur l’intelligence artificielle sont en cours de mise en oeuvre, en partenariat avec des start‑up innovantes. Le Groupe s’est par exemple associé à OpenAirlines, start‑up labélisée Solar Impulse Efficient Solution par la Fondation Solar Impulse de Bertrand Piccard. L’outil SkyBreathe permet de suivre très précisément l’application des bonnes pratiques d’économies de carburant pour chaque vol. Transavia a été la première compagnie à mettre en place cette solution en France et poursuit ses efforts en matière d’éco‑pilotage. Ainsi, la compagnie aérienne a annoncé un nouveau partenariat avec OpenAirlines pour le déploiement de SkyBreath OnBoard, une solution d’éco‑pilotage en temps réel. Enfin, avec le déploiement de l’outil Optidirect, qui propose en vol des routes alternatives permettant de réduire la consommation de carburant, La compagnie du groupe Air France – KLM bénéficie d’outils performants et innovants pour réduire ses émissions de CO2 durant le vol.

Optimisation des performances de l’avion

De nombreuses initiatives, à l’aéroport et dans les hangars de maintenance améliorent les performances avion en vol :

  • Des innovations dans tous les domaines de la maintenance (lavage moteur, lavage avion permettant d’améliorer l’aérodynamique, cycles de dépose moteur, etc.).
  • Une meilleure utilisation des équipements de substitution des moteurs au sol pour la climatisation et l’alimentation électrique de l’avion, et des investissements plus importants en faveur d’équipements respectueux de l’environnement.
  • En 2019, KLM a introduit une solution mobile de nettoyage des moteurs avion sur l’aéroport en complément du nettoyage au hangar. Cette pratique permet une réduction additionnelle de CO2 d’environ 24 000 tonnes par an.
  • En mai, KLM a commencé à tester un « Taxibot »; un véhicule hybride qui est autorisé à remorquer l’aéronef complet jusqu’au seuil de piste, sans que l’aéronef n’ait à démarrer ses moteurs. La réduction de carburant attendue pendant le roulage est de 50% à 85%.

CARBURANT D’AVIATION DURABLE (SAF)

Le carburant d’aviation durable (SAF) est essentiel pour réduire les émissions de CO2 dans l’aviation, car il peut être utilisé avec avions de la génération actuelle et remplace l’utilisation du kérosène fossile. C’est ainsi l’un des piliers les plus importants de la stratégie d’Air France-KLM pour réduire les émissions de CO2. Actuellement, l’offre est loin d’être suffisante pour fonctionner pleinement avec des carburants d’aviation durables. Par conséquent, Air France et KLM ont mis en place des politiques qui stimulent leur développement et leur utilisation.

Pour plus d’information sur les SAF, voir partie Carburant d’Aviation Durable.

COMPENSATION CARBONE

Compensation obligatoire des émissions

Depuis 2012, l’ensemble de vols intra‑européens sont soumis au système d’échange de quotas d’émissions de l’Union Européenne (SEQE-UE ou EU-ETS en anglais pour European Union Émission Trading Scheme) (pour les chiffres 2020, voir le Document d’Enregistrement Universel, section 4.3.5 « Indicateurs environnementaux du Groupe »).

CORSIA (Carbon Offsetting and Reduction Scheme for International Aviation), le système mondial de mesures basées sur le marché défini par l’OACI, vise à limiter les émissions de CO2 de l’aviation internationale avec un objectif de croissance neutre en carbone par rapport à la référence de 2020. En 2020, en raison de l’impact de la crise sanitaire sur le transport aérien, la base de référence a été modifiée à l’année 2019.

Pour la mise en oeuvre du CORSIA, le groupe Air France – KLM a contribué au calcul de la référence des émissions de CO2 au 1er janvier 2019. La mise en oeuvre des compensations du CORSIA débutera par une première phase de 2021 à 2026, sur la base d’une participation volontaire des États, soit aujourd’hui 88 pays représentant environ 77 % de l’activité de l’aviation internationale.

L’Union Européenne mettra en oeuvre le système CORSIA de l’OACI dans le cadre de la réglementation EU-ETS pour les vols internationaux. Dans ce contexte, Air France – KLM considère que les mêmes émissions de CO2 ne sauraient être soumises à la fois à l’EU-ETS et à CORSIA. Dans l’hypothèse d’une évolution des dispositions de l’EU-ETS, le Groupe demande à ce qu’une étude d’impact détaillée des aménagements envisagés soit réalisée, et attire l’attention sur la nécessité de concevoir au préalable un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union Européenne, de manière à protéger les transporteurs aériens européens des « fuites de carbone ».

Compensation volontaire et soutien de programmes environnementaux

Air France et KLM proposent à leurs clients individuels et corporate de compenser leurs émissions de CO2 de façon volontaire, et mettent à leur disposition des calculateurs d’émissions de CO2, disponibles sur leurs sites Internet. Ces calculateurs sont reliés à un système d’évaluation des émissions qui permet aux passagers qui le souhaitent, de compenser les émissions de leurs voyages.

Avec le programme Trip and Tree, Air France est partenaire de l’association A Tree for You qui met en relation, en toute transparence, des donateurs et des projets de plantation d’arbres partout dans le monde. Lors de l’achat d’un billet d’avion, les clients volontaires peuvent faire un geste pour la planète en effectuant un don du montant de leur choix pour financer l’un des projets de plantation soutenus par le programme Trip and Tree.

Le service de compensation de KLM CO2ZERO permet également aux passagers de compenser leurs émissions de CO2. La contribution des clients est investie directement dans un projet de compensation carbone au Panama, certifié par le Gold Standard pour le label Global Goals, qui se concentre sur la plantation de nouveaux arbres, la préservation des forêts existantes et le soutien à la communauté locale. En 2020, le nombre de voyages réservés intégrant une demande de compensation CO2 a diminué en raison de la réduction de l’activité et représente l’achat de 44 000 tonnes de crédits CO2.

Transavia propose aussi à ses clients de compenser leurs émissions de CO2 de façon volontaire au moment de la réservation grâce au programme CO2ZERO. Chaque mois, entre 5 % et 8 % des clients compensent ainsi leurs émissions. Ce chiffre est resté stable malgré la crise sanitaire de la Covid-19.

Depuis le 1er janvier 2020, Air France compense de façon proactive 100 % des émissions de CO2 de tous ses vols domestiques. Cela représente en moyenne par jour plus de 450 vols. Cette compensation prend la forme de participation, en coopération avec son partenaire EcoAct, à des projets certifiés selon les plus hauts standards internationaux, et sélectionnés pour leur contribution effective aux Objectifs de Développement Durables des Nations unies et leurs bénéfices importants en faveur des populations locales, pour soutenir la reforestation, préserver les forêts et biodiversité, et développer les énergies renouvelables. Air France est l’une de première compagnie au monde à compenser ses vols domestiques.

Enfin, les clients Entreprises peuvent aussi compenser volontairement jusqu’à 100 % de leurs vols court, moyen et long‑courriers grâce à une offre dédiée.

Pour davantage d’information sur ces programmes, se reporter à la page « Biodiversité ».

CONSOMMATION D’ÉNERGIE DES ACTIVITÉS AU SOL

La consommation d’énergie des opérations au sol, comme la consommation de carburant pour les équipements au sol, le gaz pour le chauffage et l’électricité pour la maintenance des avions et les activités tertiaires, génère des émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre (scope 1 et scope 2).

Air France et KLM s’étaient fixées pour objectif d’améliorer de 20 % l’efficacité énergétique des activités au sol d’ici 2020 (par rapport à 2011) en optimisant la consommation d’énergie et par un recours accru aux énergies renouvelables. Air France a atteint l’objectif en 2017, et a poursuivi ses initiatives pour maintenir et améliorer cette réalisation, malgré le caractère variable de la consommation lié aux événements climatiques.

En 2019, Air France et KLM se sont fixées l’objectif de neutralité carbone des opérations au sol à horizon 2030. Le Groupe a réduit ses émissions de CO2 de 17 % en 2020 par rapport à 2019.

En 2020, un plan de rationalisation des espaces et des différents bâtiments du Groupe a permis également d’augmenter le ratio d’usage au m² et ainsi réduire l’empreinte énergétique associée.

Par exemple, les équipes commerciales Air France – KLM du marché France ont ainsi déménagé dans des locaux plus adaptés au cœur de Montreuil. En novembre 2020, c’est la délégation locale Air France – KLM à Dubaï qui a intégré ses nouveaux locaux certifiés du niveau d’excellence écologique LEED OR (Leadership in Energy and Environmental Design).

D’autres initiatives s’appuient sur un recours accru aux énergies renouvelables. Par exemple à Toulouse et à Valbonne, dans le sud de la France, où est localisée une grande part des serveurs informatiques, 100 % des besoins de chauffage des bâtiments tertiaires est assuré par la récupération de la chaleur produite par le système de climatisation. Des projets d’énergie photovoltaïque seront déployés sur les installations du Groupe au Siège de Roissy-CDG.

En 2020, KLM a réduit ses émissions de CO2 liées au opérations de CO2 de 21% par rapport à 2019. Une partie de cette réduction est due à l’impact du Covid-19 qui a perturbé le fonctionnement et réduit la production. KLM a toutefois continué d’électrifier les équipements au sol et a conclu la dernière année d’un accord pluriannuel sur l’efficacité énergétique avec le ministère néerlandais des Affaires économiques, visant à accroître l’efficacité énergétique d’au moins 2% par an. Pour se conformer à la directive d’efficacité énergétique qui remplace cet accord à compter du 1er janvier 2021, KLM a entamé le processus d’obtention de la certification ISO5001 pour son système de gestion de l’énergie.

Pour réduire la consommation de carburant, l’ensemble des engins de piste transportant les bagages ont été remplacés par une alternative électrique, augmentant la part des équipements électriques d’assistance au sol à 64 % à l’aéroport de Roissy- CDG. KLM a testé des alternatives électriques aux groupes de propulsion au sol et aux engins de repoussage et de tractage. L’ensemble de ces équipements est responsable de 72 % des émissions de CO2 des équipements au sol, ce qui fait de la poursuite des tests en 2021 une voie prometteuse pour réduire les émissions directes sur la plate‑forme.

© AIR FRANCE KLM